SOUVIENS-TOI DE MOI Louise Colet

Souviens-toi de moi

Une création de la FACTORIE

Maison de Poésie de Normandie

labellisée dans le cadre de « Flaubert 21 »

 

Une femme découvre avec admiration la première lettre de Flaubert à Louise Colet. Elle dit que cette lettre est magnifique. Qu’elle aurait aimé recevoir une lettre comme celle-là. Un homme lui répond. Sans doute se connaissent-ils. Peut-être ont-ils été amants. Peut-être le sont-ils encore. L’homme va parler de la femme dont il est question dans la lettre. De cette fameuse Louise Colet. Ensemble, ils vont essayer, à travers les lettres de Flaubert, de retrouver cette femme en creux tout en réanimant des morceaux choisis de son œuvre à elle. Belle occasion de plonger au cœur de l’écriture de l’un et de l’autre, d’en comprendre la pertinence aujourd’hui et de mesurer l’évolution des préjugés qui encombrent encore le chemin entre hommes et femmes.

 

Texte : Louise Colet / Gustave Flaubert / Mora Lenoir

Date prévisionnelle de création : Mars 21

Disponibilité : Mars 21 à Juin 22

Mise en scène : Patrick Verschueren

Distribution : Arthur Godin et Christelle Theuret

Cadre de jeu : Une bibliothèque, une salle de classe, un salon… (le texte, conçu comme un dialogue agité, ne nécessite aucun décor et peut se jouer au milieu du public ou des élèves)

Jauge maximum : 50 personnes

Durée : 50 minutes

 

De Gustave Flaubert nous avons une grande partie de sa correspondance. De très nombreuses lettres. De Louise Colet nous n’avons que très peu de choses. Si peu. Ses lettres détruites par lui, peut-être parce qu’il ne les estimait pas dignes d’entrer au Panthéon de la littérature ou parce qu’il ne voulait pas laisser la postérité rentrer dans son intimité.

 

Pour nous le travail patient et forcement discutable de reconstitution : imaginer en creux la parole de Louise. Lui redonner voix et vigueur. Pour cela, nous suivrons les conseils éclairés de ceux qui en furent les pionniers : Jean-Paul Kléber, Joëlle Gardes, Thierry Poyet et Joëlle Robert, qui comprirent bien avant que ce manque méritait qu’on s’y attarde et qu’on le regarde avec plus d’attention.

 

Car, à travers leur amour passionnel, il faut bien reconnaître la puissante personnalité de Louise, son engagement politique (elle est une des rares auteures à soutenir la Commune), sa lutte pour la liberté des femmes, sa revendication du droit à la jouissance et son courage de signer de son propre nom. Et même si sa production littéraire ne semble pas à la hauteur de l’éternité (cela dit, elle n’a pas à rougir devant certains poètes masculins encore étudiés à l’école) elle a dû affronter à la fois le manque d’argent et le machisme systématique de l’époque.

Et pour donner vie à cette parole, nous allons la mettre dans la bouche de deux jeunes personnes d’aujourd’hui. Une femme, un homme. Elle, fervente admiratrice de Gustave Flaubert, impressionnée par son style, sa franchise et sa liberté d’esprit. Lui, terriblement intrigué par Louise Colet se battant pour son indépendance dans un monde d’hommes toujours prêts à la soutenir dans l’espoir d’un retour en nature.

Dans cette subjective reconstitution c’est également deux visions de l’art qui vont s’affronter. L’une ciselée, nette, précise, dépourvue de toute circonvolution et éloignée de tout « sentimentalisme ». L’autre, abondante, touffue et revendiquant la passion même comme moteur de l’écriture.

 

Et si, seule émerge encore la littérature de Flaubert, il est passionnant de voir comment l’un et l’autre ont pu s’influencer au cœur même de leur écriture. Comment Louise, à son corps défendant, va prendre place dans l’œuvre de Flaubert alors que le discours flaubertien ne semble pas laisser de marque sur elle.

Mais par delà ces visions opposées (qui ne sont peut-être que de l’ordre du discours), c’est plus profondément toute une conception « pseudo-scientifique » qui apparaît au grand jour. La volonté d’une époque d’établir pour chaque être et pour chaque chose une échelle de valeur, instillant l’idée d’une supériorité masculine, blanche et européenne sur l’ensemble du monde.

 

Deux cents ans plus tard, ces questions sont-elles encore d’actualité ? Et cette femme aurait-elle pu, aujourd’hui, connaître un même destin ? A eux deux d’imaginer des réponses, et de redonner vie et poésie à cet impossible amour.

 

Patrick Verschueren

Contact diffusion : Louise Pinton / Léa Boulanger

Tel : 02 32 59 41 85

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