Lecture-performance à la galerie La Bouée

Quand :
14 janvier 2022 @ 19 h 30 min
2022-01-14T19:30:00+01:00
2022-01-14T19:45:00+01:00
Où :
galerie la Bouée
10 rue Notre-Dame-du-Voeux
Coût :
Gratuit
Contact :
Le vendredi 14 Janvier à 19h30, 3 de nos poètes viendront émerveiller vos oreilles au cours de 2 lectures performances !
 
 
Au programme :
 
Adeline Miremont pour “Sumballein
Laure Gauthier & Olivier Mellano pour “Les corps caverneux”, sous la forme d’une lecture-concert.
 
Présentons sans plus attendre ces délicieux projets :
 
Sumballein :
 
Nous avons écrit ensemble. Nous étions deux. Avec le reste du monde. Nous avons jeté nos oripeaux, nos vieilles carcasses, et celles pas encore nées. C’est nous que nous avons jetés. Nous-mêmes. Nous nous sommes jetés. À corps perdus. Dans le tunnel. Dans le passage. Dans la forêt. Dans la nuit. Dans le rêve et dans notre propre corps. Notre corps était le tunnel. Nos deux corps.
Tout ça est une histoire de passage. Et de transformation. Pas de transformation sans passage. Passage à vide ? Essentiellement. Et avant tout. Pas de transformation sans passage et sans vide. C’est de tout ça dont je voulais parler au départ : le tunnel, le passage, le vide, la transformation… Puis c’est arrivé. Tout ça est arrivé. On a vécu tout ça. On a écrit tout ça.
 
Ensemble. Sumballein. On s’est jetés. On s’est assemblés. Avec beaucoup de cris et de violences. Enfin, pas tout de suite. D’abord, il y eut le vide. Le silence. Le noir. Le néant. La germination des possibles. Le zéro. Ne pas l’oublier surtout. Et marcher. Pour faire avancer la machine. Marcher ça décoince les idées, et l’écriture. Parce qu’au bout d’un moment, mariner dans sa bulle… Même si c’est le sujet… La bulle, le zéro, là où tout s’arrête, là où tout commence, là où il n’y a rien, là où il y a tout. Où, pour citer Mireille Havet « le monde vous tire par le milieu du ventre ». Et la boucle est bouclée.
 
Sumballein. Ensemble. Tout se ressemble. S’assemble. Se rassemble. Histoire de lien et d’unité. Réunir. Lier. Lui, moi, les mots, le monde. Au départ il n’y avait rien. Ou plutôt, il y avait tout. Du rien au-milieu du tout. Il a fallu casser, détruire, balayer. Pour construire du neuf. Il faut mourir pour naître. Il a fallu faire de la place, créer un espace, en marge, puis au milieu. Ça a grandi. On a grandi.
 
Les mots aussi. Tout a commencé par une fissure, une faille, un néant. Quelque chose s’est effondré. Un vide s’est créé. Un blanc. Une nuit noire. Un lieu clos. Infini. On s’est engouffrés. On s’est lovés. On a traversé la béance. On s’est transformés, créés, recréés. On s’est cassés, retrouvés, reconnus. Nous sommes nés. Nous sommes passés. Lui, moi, les mots, le monde.
 
Adeline Miermont-Giustinati
 
Les corps caverneux :
(A propos de la lecture-concert)
 
Laure Gauthier et Olivier Mellano se sont frayés ensemble un chemin dans le texte les corps caverneux (LansKine, février 2022) pour en retenir certains archipels : « les corps cav. » ou encore « désir de nuages ». Tandis que l’autrice tente d’imaginer en mots une musique de nos espaces vides, Olivier Mellano la puise dans le silence qui prolonge les mots fait et la déploie comme un halo épousant les frontières d’un au-delà du langage pour une traversée de 45 minutes.
 
(A propos du texte)
 
Les corps caverneux (LansKine, février 2022) constituent un récit poétique construit en sept séquences.
Le titre fait allusion au désir sexuel dont la force insurrectionnelle se manifeste dans le livre notamment à la séquence « désir de nuages » et « les corps cav ».
Néanmoins, derrière l’allusion à nos anatomies désirantes, les « corps caverneux » désignent ici, avant tout, les cavernes en nous par analogie avec les cavernes préhistoriques : les corps caverneux sont donc ces espaces vides, ces trous ou ces failles, que nous avons tous en commun et que notre société de consommation tente de combler par tous les moyens : achats, faits divers etc.
Il ne s’agit pas de cabanes, de lieux précaires et provisoires à habiter hors de nous, mais d’espaces solides et intimes à défendre avant que d’aller lutter à l’extérieur.
Dans chacune des séquences est évoquée une nouvelle attaque contre ces espaces intimes de respiration et de liberté, en réaction à laquelle une musique émerge, une musique de nos cavernes, qui nous permet de nous cabrer et de rester vigilants.
 
Des poèmes s’élèvent qui font signe vers une musique comme dans « désir de nuages ».
Ils viennent comme une blue note, à des moments de respiration du récit qui se structure, devient fluide ou au contraire se suspend en fonction de l’urgence ou de la menace extérieure.
 
Rendez vous à La Bouée (10 rue Notre-Dame-du-Vœu à Cherbourg) pour vivre l’expérience poétique renouvelée !
Atelier de réparation de chansons avec Stéphane Sanseverino
             → Lecture Performance au Foyer des Marins